#16 Sevran et la Grande Guerre
Le 12/09/2018 à 13h48 par Romain Ribeiro
Résumé

 

1918-2018. Il y a cent ans prenait fin l'un des conflits les plus meurtriers de l'Histoire. Commémoration d'une période douloureuse pour l'histoire locale.

 

Mobilisations et réquisitions

A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Pendant le conflit, outre les soldats mobilisables, la commune et ses habitants, comme tout le reste du territoire, contribuèrent à l'effort de guerre en mettant à disposition de l'armée française, moyennant dédommagement, tout élément utile au fonctionnement militaire : vivres, chauffage et éclairage, fourrages, matériel de santé, habillements, couchages, moyens de transport ou encore animaux.

 

Ainsi, par exemple, dans un fascicule édité en 1916 par le Ministère de la Guerre, définissant le rôle des maires dans leur rapport avec l'intendance militaire, il est possible d'observer que le logement de troupes était rétribué 1 franc par lit d'officier et par nuit, et 20 centimes par lit de sous-officier et soldat, et par nuit.

 

Les Sevranais de l'arrière

 

Toutefois, en temps de guerre, il est également essentiel de prendre des dispositions quant à la protection des civils, de ceux qui constituent l'arrière du front. C'est pourquoi, en application des mesures de défense passive établies par le Ministère de la Guerre, une commission des abris fut constituée à Sevran, chargée de dresser un inventaire des caves de la commune à même de pouvoir abriter les habitants en cas d'attaque aérienne. A Sevran, ce ne sont pas moins de 16 abris qui ont été recensés, pour une capacité d'accueil de 1125 personnes (pour un village de près de 2000 habitants). Or, force est de constater que ces précautions ne furent pas vaines, puisque la commune a été la cible de raids aériens ennemis en mai 1918.

 

Le jour d'après

 

Quelques mois plus tard, le 28 août 1918, après une ultime offensive en terre picarde, le Maire de Sevran reçut un télégramme provenant de la Préfecture de Versailles et propageant le message qui suit : "Préfet à maires, veuillez dès à présent prendre toutes dispositions pour que le soir de signature de la paix on illumine tous édifices publics (sic)".

 

La fin de la guerre approchait, mais rapidement, l'enthousiasme et le soulagement que laissait poindre cette perspective de paix firent place à une réalité du deuil et de l'urgence. Le 10 novembre 1918, le Conseil municipal décide l'édification d'un Monument aux Morts (cf. Sevran le Journal n°160, novembre 2017) en hommage aux poilus sevranais décédés, dont la mémoire a été ravivée par l'ouvrage d'Alain Diné « Hommage aux poilus sevranais » (SHVS, 2014), conjointement à l'établissement d'un Livre d'Or, document recensant les individus morts pour la France. Les rescapés, quant à eux, furent contraints à de nombreux rationnements, matériels et alimentaires, et durent s'atteler à la reconstruction d'un futur sur les ruines de quatre années de conflit...

 

 

 

 

 

 

 

 

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