#9 Sevran l'agricole : le temps des fermes
Le 25/01/2018 à 13h33 par Romain Ribeiro
Résumé

 

Avant de devenir la ville que nous connaissons aujourd'hui, Sevran, comme de nombreuses autres communes de banlieue parisienne, n'était qu'un simple village sans prétention, aux cadre et mode de vie ruraux. Zoom sur le passé agricole de Sevran...

 

 

     Si de nos jours la ville est structurée autour de quartiers, tel ne fut pas toujours le cas. En effet, les cartes anciennes (on pense notamment aux cartes de Cassini) nous montrent que Sevran n'était alors qu'un vaste territoire bordé de forêt et découpé en pièces de terres exploitées par les différentes fermes présentes sur la commune, à savoir les fermes de Fontenay-le-Bel, Rougemont, Montceleux (''Monselleux'' sur le cadastre napoléonien) et de la Fossée – la ferme des Beaudottes, bien qu'avérée dans certaines sources, n'a jamais été référencée en tant que telle dans les représentations cadastrales –, l'essentiel du bâti se concentrant dans ce qui constitue aujourd'hui le centre-ville, cœur historique de Sevran.

 

 

 

 

     Ainsi, chacun de ces domaines agricoles, dont l'origine pour certains remonte au Moyen-Age, possédait et exploitait des parcelles de terres sur le territoire communal, parcelles dont la taille et le nombre varièrent selon les époques. Quoi qu'il en soit, l'implantation de ces fermes modela l'activité économique de la commune jusqu'au début du XXe siècle, jusqu'à ce que l'urbanisation et l'industrialisation progressives du territoire prennent le pas. En effet, la consultation des registres de dénombrement de la population du début du siècle dernier nous permet d'observer que de nombreux Sevranais exerçaient une profession en rapport avec l'agriculture : du rentier au journalier, en passant par les cultivateurs et les charretiers.

 

 

 

     De nos jours, le passé agricole de Sevran n'est plus guère visible, la plupart des bâtiments ayant été détruits (années 1960 pour Rougemont, années 2000 pour Montceleux, les rares vestiges de la ferme de Fontenay, allée Albert Marcel, étant quant à eux en état de délabrement avancé) ou réhabilités, l'exemple le plus récent étant celui de la ferme de la Fossée – ou ferme Hamelin, voire Rolland, pour certains -, dont la finalité agricole n'est plus opérante, mais qui fait aujourd'hui l'objet d'une réhabilitation : en lieu et place du corps de logis, du pigeonnier et des écuries se dresseront les nouvelles salles de mariage et du conseil municipal.

 

 

 

 

     En outre, si l'empreinte physique des fermes sevranaises a presque totalement disparu, leur mémoire perdurent presque inconsciemment dans l'esprit des habitants de Sevran : Rougemont, Montceleux, Beaudottes, Fontenay, tous ces toponymes nous sont encore aujourd'hui familiers. Noms de quartiers pour les trois premiers, référence de voirie pour le dernier (Avenue de la Garenne de Fontenay). En près d'un demi siècle, Sevran est donc passé du village travaillant la terre à une ville sortant de terre, tout en conservant certaines de ses racines rurales du temps jadis.

 

 

Romain RIBEIRO, Responsable-adjoint des Archives municipales de Sevran

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