#5 Quand vient le temps de l'été : Sevran et les colonies de vacances
Le 31/08/2017 à 15h10 par Romain Ribeiro

     1936. Le Front populaire instaure les premières semaines de congés payés. Pour beaucoup, cette révolution sociale permet une émancipation, même brève, du labeur quotidien. La France entre peu à peu dans l'ère des loisirs. Toutefois, toute la population ne jouissait pas également de ces vacances, l'escapade au bord de mer ou en montagne étant encore réservée à une minorité plutôt aisée.

 

 

     Dès lors, les Sevranais ne furent pas en reste : pour beaucoup, le canal de l'Ourcq représentait un lieu de villégiature à moindre frais où l'on pouvait s'adonner à la fois à la promenade, à la pêche ou à la baignade.

 

     Néanmoins, une certaine frange de la population sevranaise n'a pas eu à attendre cette date charnière pour bénéficier de ces périodes de liberté : les écoliers. En effet, dès les années 1920, de petits groupes d'enfants étaient envoyés chez des cultivateurs de diverses régions de France, bien que ces sorties, sous couvert de substrats ludiques et pédagogiques, aient été davantage des séjours initiatiques aux travaux des champs.

     C'est pourquoi, à partir de 1932, le Conseil municipal, considérant que l’œuvre des colonies scolaires de vacances devait devenir une œuvre municipale et non plus laissée à l’initiative de tiers, décida de prendre en main l'organisation de ces séjours, en doublant notamment la subvention allouée à cette œuvre (de 5 000, cette dernière passa à 10 000 francs). Autre changement, les enfants ne seraient plus envoyés par petits groupes mais partiraient communément. C'est ainsi qu'à partir de cette date, deux groupes de 25 enfants chacun furent envoyés au château de Luzière, à la Ferté-Saint-Aubain (Loiret), selon un accord passé au préalable avec la commune de Bezons : le premier groupe partant du 13 juillet au 15 août, le second du 20 août au 22 septembre, le tout pour un forfait journalier de 8 francs, voyage compris, des aides étant accordées aux familles nécessiteuses.

 

 

     A ce propos, le bulletin municipal de Sevran de 1932 se fait l'écho d'une lettre envoyés par le groupe de juillet :

 

 

« Nous les enfants de la colonie de vacances, nous venons par cette lettre vous dire comment on se trouve au château de la Luzière : nous n'avons rien à nous occuper, nos lits sont faits chaque jour par les femmes de services. Pour la nourriture, nous sommes bien, nous avons l'air et l'espace, nous jouons toute la journée. Nous sommes plusieurs qui sommes allées l'année dernière, en colonies, chez les paysans, mais nous préférons être ensembles. Nous vous remercions de la bonne idée que vous avez eu de nous envoyer à cet endroit. Les enfants de Sevran »

Au fil des ans, les lieux d'accueil se diversifièrent : Ploumanach, dans la commune de Perros-Guirec (Côtes-d'Armor), Saint-Étienne de Montluc (Loire-Atlantique), Audence et Le Teich (Gironde), Pouilly-sur-Saint-Jeoire et Morillon (Haute-Savoie), Sérandon (Corrèze), entre autres.

L'Oeuvre des Colonies Scolaires de Vacances de Sevran, en tant qu'association, fut dissoute à l'été 2002, l'organisation des centres de vacances revenant alors pleinement à la commune de Sevran. Aujourd'hui encore, l'organisation de ces séjours permet à des centaines de jeunes Sevranais de 6 à 17 ans de participer à de nombreuses activités et de découvrir des régions au patrimoine diversifié, tant en France qu'à l'étranger.

 

 

Bonus : carnet de voyage d'un colon de 1964 !

 

 

 

 

Romain RIBEIRO, Responsable-adjoint des Archives municipales de Sevran

 

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